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Discours de M. Viktor Orbán, premier ministre de Hongrie, à l’occasion du 170ème anniversaire de la révolution et de la guerre d’indépendance hongroise de 1848/1849

Bienvenue à tous en ce jour de la fête de l’indépendance hongroise ! Je salue chaleureusement tous les participants à la marche d’aujourd’hui. Je salue avec une considération particulière nos amis polonais. Notre solidarité est naturelle, notre entraide est source d’énergie. L’on écrivait, à l’époque de notre père Kossuth : « La Hongrie et la Pologne sont deux chênes éternels, qui ont développé des troncs distincts, mais dont les racines s’entrelacent. C’est pourquoi l’existence et la force de l’un fait la vie et la santé de l’autre. » Il n’en va pas autrement aujourd’hui. Avec une Pologne forte, la Hongrie ne pourra pas se perdre. Et si c’est nous qui sommes forts, nous pourrons venir en aide à nos amis polonais. Aussi la marche d’aujourd’hui n’est-elle pas seulement une mise en ordre de bataille pour notre pays, mais aussi une manifestation de soutien vis-à-vis de la Pologne. Respect à la Pologne ! Respect à la Hongrie !

Voici donc revenu le jour qui élève le cœur de tout Hongrois. Le jour où l’on a écrit en langue hongroise dans le grand livre de l’histoire du monde le mot de liberté. Nous nous réunissons nombreux en ce jour, nous célébrons les braves, nous nous inclinons devant la mémoire des héros. Nous sommes particulièrement nombreux aujourd’hui. Outre l’hommage au passé, notre rassemblement d’aujourd’hui a une raison d’être et un but bien particuliers. Dans à peine plus de trois semaines, nous aurons à nouveau à décider du sort de la Hongrie, et l’enjeu de ces élections ne se limitera pas à quatre années. Je savais que nous serions nombreux et je savais que je verrais devant moi des visages déterminés. C’est bien de cela que nous avons besoin en ce moment : du sérieux et de la détermination, parce que nous devons nous entretenir de sujets sérieux. Des sujets tout aussi sérieux qu’il y a 170 ans. Nous sommes les héritiers de la révolution et de la guerre d’indépendance de 1848, et c’est pourquoi nous devons, tout comme il y a 170 ans, parler clair et avec sincérité. Si nous ne disons pas clairement ce qui se passe avec la Hongrie, et pourquoi, personne ne le comprendra. Et si nous ne le comprenons pas, nous ne pourrons pas non plus prendre les bonnes décisions dans trois semaines. C’est pourquoi nous devons adopter un discours direct, sans compromission ni fausse pudeur. Petőfi et ses camarades avaient déjà clairement posé la question : voulons-nous être esclaves ou libres ? Tout le monde avait compris, tout le monde connaissait la réponse. Nous avons déjà réalisé beaucoup de choses ensemble au cours des trente dernières années. Nous avons mené ensemble des combats mémorables, mais le plus grand des combats que nous avons à mener dans notre vie est encore devant nous. Et tout porte à croire qu’il est là, devant nous. La situation, mes chers amis, est que l’on veut nous prendre notre pays. Pas d’un trait de plume, comme il y a cent ans à Trianon. Ce que l’on veut maintenant, c’est qu’en l’espace de quelques décennies nous le remettions à d’autres, à des étrangers venus d’autres parties du monde, qui ne parlent pas notre langue, qui ne respectent ni notre culture, ni nos lois, ni notre mode de vie et qui veulent mettre la leur à la place de la nôtre. Ils veulent qu’à partir de maintenant ce ne soient plus tellement nous et nos descendants qui vivent ici, mais d’autres. Il n’y a là aucune exagération. Nous voyons jour après jour que les nations et les peuples de l’Europe occidentale perdent petit à petit, pas à pas, leurs quartiers et leurs villes. Il est de fait que ceux qui n’arrêtent pas la migration à leurs frontières sont perdus. Ils se feront absorber lentement, mais sûrement. Tout cela, des forces extérieures et des puissances internationales veulent nous l’imposer, avec l’aide de leurs alliés de l’intérieur, et ils voient dans les prochaines élections une excellente occasion pour y parvenir.

Le message que nous délivre 1848 est que la Hongrie doit rester libre, indépendante et hongroise. Tout ce dont nous pouvons avoir besoin s’y trouve. Comme Széchenyi l’avait dit : « affinement de la nation, haute culture de ses enfants, solidité du pays », ajoutant : « beaucoup pensent que la Hongrie a été, et moi je voudrais croire que la Hongrie sera ». Aujourd’hui, nous pourrions répondre au comte que la Hongrie a été, qu’elle est, et que la question est de savoir si elle sera. Ce n’est donc pas une simple élection que nous voulons gagner, mais notre avenir. L’Europe, et en son sein les Hongrois, sont arrivés à un tournant historique. Jamais encore les forces nationales et mondialistes ne se sont affrontées comme aujourd’hui. D’un côté nous, les millions de sensibilité nationale, de l’autre l’élite mondialisée. D’un côté nous, qui croyons dans les Etats-nations, dans la défense des frontières, dans la valeur de la famille et du travail, et face à nous ceux qui veulent une société ouverte, un monde sans frontières ni nations, un nouveau type de famille, un travail dévalorisé et des ouvriers bon marché, dans un monde où règne la cohorte opaque de bureaucrates qui ne doivent de comptes à personne. Les premiers représentent les forces nationales et démocratiques, les seconds, les forces supranationales et antidémocratiques. Voilà la situation hongroise à 24 jours des élections.

Nous sommes encore loin du but, mais les résultats des huit dernières années parlent d’eux-mêmes. Il faut les rappeler, mais ce n’est pas suffisant. L’Europe et la Hongrie se trouvent en plein milieu d’un choc de civilisations. Nous avons affaire à une migration planétaire, qui entraîne dans le danger l’ordonnancement de notre vie et notre mode de vie. Nous devons donc à la fois préserver les résultats acquis et nous apprêter à lutter pour qu’il vaille la peine de continuer. Sans la préservation de notre mode de vie, rien n’a de sens. Si la Hongrie ne sera pas hongroise, pourquoi diable nous affiner ? Ne nous noyons pas dans un verre d’eau : ce n’est pas contre nos partis d’opposition anémiés que nous devons lutter, mais contre un réseau international structuré en empire. Contre des médias entretenus par des groupes étrangers et des oligarques de l’intérieur, contre des activistes professionnels stipendiés, contre des fauteurs de troubles organisateurs de manifestations, contre le réseau des ONG financées par les spéculateurs internationaux, englobé et incarné dans la personne de George Soros. C’est contre ce monde que nous devons engager la lutte pour défendre le nôtre. Le bon soldat ne combat pas parce qu’il hait ce qui est devant lui, mais parce qu’il aime ce qui est derrière lui, parce qu’il aime la Hongrie et les Hongrois.

Nous qui avons grandi dans la culture chrétienne savons faire la différence entre l’homme et ses actes. Nous n’avons jamais haï, et ne haïrons jamais personne. Bien au contraire : nous continuons à croire dans la fraternité et le rassemblement, mais nous allons lutter contre ce que l’empire de George Soros fait et veut faire de la Hongrie. La Hongrie est notre patrie, elle est notre vie, nous n’en avons pas d’autre, et c’est pourquoi nous lutterons jusqu’au bout pour elle et ne nous rendrons jamais. Nous savons qu’au bout du compte ce sont eux qui se trouveront face à nos candidats dans chaque circonscription. Leur mission est d’arriver au pouvoir pour mettre leur grand plan à exécution. Le grand plan consiste à casser la Hongrie qui se trouve en travers du chemin des migrants et à installer en quelques années d’abord quelques milliers, puis des dizaines et des dizaines de milliers de migrants dans le pays. Si nous laissons faire, sur les deux décennies à venir, des dizaines de millions de migrants prendront la route de l’Europe à partir de l’Afrique et du Proche-Orient. La partie occidentale de l’Europe regarde tout cela les bras croisés. Ceux qui croisent les bras se désarment eux-mêmes, ils ne seront plus jamais maîtres de leur sort. L’histoire des vaincus sera désormais écrite par d’autres. Les jeunes d’Europe occidentale connaîtront encore le jour où ils se retrouveront en minorité dans leur propre pays et perdront le seul endroit du monde où ils pouvaient se sentir chez eux. Des forces apparaissent que le monde n’a pas vues depuis longtemps. L’Afrique aura dix fois plus de jeunes que l’Europe. Si l’Europe ne fait rien, ils défonceront notre porte. Et Bruxelles ne protège pas l’Europe, car Bruxelles souhaite soutenir et organiser la migration au lieu de l’arrêter. Bruxelles veut délayer, changer la population de l’Europe, en sacrifiant notre culture, notre mode de vie et tout ce qui nous distingue en tant qu’Européens des autres peuples du monde. C’est une maigre consolation de savoir que les peuples d’Europe ne pardonneront pas à ceux de leurs dirigeants qui sans demander l’avis de leurs populations auront complètement modifié l’Europe. Soyons fiers d’avoir été le seul Etat dans toute l’Union qui ait demandé à sa population si elle souhaitait oui ou non une immigration de masse.

Nous votons dans trois semaines. Les listes des partis sont publiées, les candidats sont enregistrés. Nous les connaissons. Il y en a avec qui nous croisons le fer depuis dix ans, et d’autres, depuis trente ans. Quelquefois, on a l’impression que c’est depuis cent ans. Ne nous berçons pas d’illusions. Retenons les leçons du passé. Ils ont eux-mêmes reconnu qu’ils sont capables de mentir d’une seule traite matin, midi et soir. Nous devons nous préparer à ce que nos candidats se retrouvent finalement partout face à un candidat-Soros. Il se peut qu’en apparence ils se présentent plus nombreux, certains le frein à main tiré, d’autres se désistant au dernier moment, d’autres encore faisant comme s’ils n’étaient même pas là. Nous devons aussi nous préparer à ce que certains se présentent déguisés : tout dernièrement, ils se sont même dissimulés derrière un candidat présenté comme indépendant. Ils n’osent pas avouer ouvertement qui sont leurs commanditaires. Ils savent que s’ils se présentent ouvertement devant le pays et révèlent ceux qui les financent, ils n’ont aucune chance. Tout le monde sait que nous, les Hongrois hostiles à l’immigration, sommes plus nombreux. Nos adversaires n’ont de chances que s’ils arrivent à diviser notre camp, à rompre notre unité. Leur but est de parler de tout, sauf du danger qui guette la Hongrie. Nos adversaires savent comme nous que le sort de la Hongrie pour des décennies se joue aujourd’hui. C’est pourquoi ils ne reculent devant rien. Ils ne raisonnent pas, mais censurent, ils ne mènent pas un combat d’escrime régulier, mais pincent, ruent, mordent et répandent les graines de la haine partout où ils vont. Nous autres avons beau être amènes et de bonne composition, nous ne sommes ni aveugles, ni bonne poire. Nous réglerons naturellement nos comptes après les élections, aux niveaux à la fois moral, politique et juridique, mais nous n’avons maintenant pas d’énergie ni de temps à perdre avec cela. Débarrassons-nous des attaques, comme le chien qui s’ébroue en sortant de l’eau. Concentrons notre énergie sur notre vocation, sur notre objectif commun, la défense de la Hongrie. N’oublions pas la première loi d’une campagne électorale : l’union fait la force, un seul camp, un seul drapeau, tout le monde sur le pont.

Je sais que ce combat est dur pour tous. Je comprends que certains s’en effraient. C’est compréhensible, parce que nous avons affaire à un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas droit, mais tortueux, il n’est pas honnête, mais sournois, il n’est pas national, mais international, il ne croit pas dans le travail, mais spécule avec l’argent, il n’a pas de patrie, parce qu’il croit que le monde entier est à lui. Il n’est pas magnanime, mais rancunier, et il attaque toujours au cœur, surtout si ce cœur est rouge, blanc et vert. Mais nous avons toujours saisi, mes chers amis, l’importance de l’enjeu. L’histoire de la Hongrie nous a appris que nous devons aussi lutter pour ce qui est naturel chez d’autres peuples plus chanceux. Chez nous, il suffit d’une seule secousse, d’un seul gouvernement raté, d’une seule élection mal terminée, et tout ce que nous avons acquis pendant des années au prix d’un dur labeur est à l’eau. Nous nous trouvons dans un coin du monde tellement exposé aux courants d’air que l’histoire ne nous laisse que rarement en paix : c’est en vain que nous avons le sentiment d’avoir enfin droit à un peu de tranquillité. Nos prédécesseurs ont dit à juste titre qu’un peuple pleutre n’a pas de patrie, et nous avons su rassembler notre courage et notre force quand il le fallait. Cela n’a jamais été facile. Prenez la peine de regarder les statues qui ornent cette place : Andrássy a été condamné à mort par l’empereur de Vienne. Rákóczi est mort en exil. Kossuth a été chassé par les fidèles de la Cour. István Tisza a été assassiné par les communistes. Cela n’a jamais été facile, mais au bout du compte c’est toujours nous qui avons vaincu. Nous avons fini par renvoyer chez eux le Sultan et ses janissaires, l’empereur Habsbourg et ses fidèles, les Soviets et leurs camarades, et maintenant nous allons en faire autant avec l’Oncle George et son réseau. S’il te plaît, retourne en Amérique et occupe-toi plutôt du bonheur des Américains.

C’est un vrai mystère qu’après tant de vicissitudes nous ayons toujours réussi à nous rétablir, et comment se fait-il qu’après mille ans nous soyons toujours là ? Peut-être parce que nous avons toujours su que notre existence a un sens en-dehors de nous-mêmes. Nous avons toujours su qu’il y a ici une culture, un esprit et une âme qui ont élevé nos cœurs pendant des siècles, qui ont consolé les Hongrois et qui constituent notre source de vie. Nous avons gardé notre idéal d’unité et d’unification, et notre auto-considération en tant que nation. Nous n’avons pas dérivé assez loin du christianisme pour que notre chaîne d’ancre se rompe. Bien sûr, notre foi vacille parfois, comme ailleurs. Il arrive aussi que notre fierté nationale subisse un coup de déprime, mais nous n’y avons jamais renoncé, ces valeurs ne se sont jamais perdues chez nous, et c’est pourquoi elles ressuscitent constamment, rompent leurs digues et inondent nos cœurs.

Nous savons que pas plus que les autres, nous ne sommes un peuple sans défauts, et nous avons connu bien des heures sombres et des jours froids dans notre histoire, mais nous avons aussi la certitude d’avoir davantage donné au monde que nous n’avons reçu de lui. Sans les Hongrois, le monde serait plus pauvre, l’histoire de l’Europe centrale serait plus douloureuse, et le Bassin des Carpates serait aussi, sans nous, un lieu moins agréable. Nous avons donc le droit à l’existence. Nous n’avons aucune crainte à avoir, ni hier ni aujourd’hui. Il nous suffit de dire que ceux qui se considèrent Hongrois sont avec nous, et nous allons gagner. Nous allons gagner encore et toujours, parce que la Hongrie est aux Hongrois.

En 2010, lorsque nous nous sommes redressés, que nous nous sommes révoltés et que nous avons commencé à lutter pour les Hongrois à Bruxelles et dans les autres centres impériaux, nous étions encore seuls. Mais les Polonais, les Slovaques et les Tchèques sont arrivés. Et puis, l’Amérique a élu un président hostile à l’immigration, et les Britanniques ont choisi leur propre voie. Israël tient toujours. En Autriche aussi, les patriotes ont pris le pouvoir, et les Italiens ont dit non à l’immigration. La seule question qui reste est de savoir si nous autres Hongrois avons retenu la leçon des erreurs des autres ? Avons-nous compris que l’on ne peut détruire qu’une fois ? Qu’un seul faux-pas est fatal ? Il n’y pas de nouvelle chance, ni d’examen de rattrapage. Si la digue cède, l’inondation est là, et l’invasion culturelle ne peut plus être repoussée. L’enjeu d’aujourd’hui, c’est l’avenir. C’est pourquoi je voudrais maintenant m’adresser tout spécialement aux jeunes. Et quand le ferait-on, si ce n’est un 15 mars ?

Chers Jeunes,

Vous avez peut-être l’impression que le monde entier vous appartient, que vous êtes partis pour dompter des lions. Et vous avez raison. Sans grandes aspirations, l’on tombe dans la mollesse. Et la vie ne vaut pas grand-chose si l’on n’en fait pas quelque chose. Mais dans votre vie aussi viendra le moment – et vous vous en rendrez compte – où l’on a besoin d’un lieu, d’une langue, d’un chez-soi dans lequel vivre sa vie en sécurité, dans l’amitié, auprès des siens. Un lieu où vous pourrez toujours retourner, où vous pourrez ressentir que la vie vaut la peine d’être vécue et qu’en fin de compte elle ne tombe pas dans le néant, parce qu’elle s’ajoute et s’insère dans cette remarquable construction millénaire que nous appelons notre patrie, notre patrie hongroise. Chers jeunes hongrois, la patrie a besoin de vous aujourd’hui. La patrie a besoin de vous, venez, rejoignez-nous dans notre lutte, de manière à ce que quand vous aurez à votre tour besoin d’une patrie, elle soit encore là.

Je crois avoir tout dit. Nous sommes équipés, nous sommes prêts à monter en selle et à partir à l’assaut électoral de ces trois prochaines semaines. Il ne nous reste plus qu’à demander l’aide du Bon Dieu. Pas en chantant, cette-fois-ci, comme nous en avons l’habitude, mais en récitant, en vers, comme le poète Kölcsey nous l’a appris. Nous ne l’avons pas encore fait, essayons ensemble. « O Dieu, accorde aux Hongrois bonheur et prospérité, protège-les de Ton glaive dans le combat ; eux que l’adversité frappe depuis longtemps, accorde-leur des années de bonheur, car ce peuple a déjà payé pour le passé comme pour l’avenir ! » [texte de l’hymne national, NdT].

Hongrois ! Levez les drapeaux ! Partez au combat ! Vive la liberté, vive la Patrie ! Haut leurs cœurs, nous vaincrons !

Vive la Hongrie, vivent les Hongrois !