- miniszterelnok.hu - https://www.miniszterelnok.hu/reponses-de-m-viktor-orban-premier-ministre-de-hongrie-aux-questions-des-participants-a-la-30eme-universite-dete-de-balvanyos/ -

Réponses de M. Viktor Orbán, premier ministre de Hongrie, aux questions des participants à la 30ème Université d’été de Bálványos

Je crains de n’être pas le seul à être fatigué, je m’efforcerai donc de répondre brièvement à chaque question importante.

La première : étendrons-nous les mesures du plan d’action pour la famille aux Hongrois d’au-delà des frontières ? La question est justifiée, puisque je confirme qu’après l’unification de la nation, la politique du gouvernement consiste à bâtir cette nation. Et si nous sommes une nation, il faut s’efforcer de rendre tout ce qui est bon accessible à l’ensemble de la nation. Mais il y a une grande différence entre l’unification de la nation et l’édification de la nation. L’unification de la nation est pour l’essentiel une question de force d’âme, et c’est ce qu’elle a été. Il me vient à l’esprit, à ce propos, un mot de John Lukács, qu’il m’avait dit lors d’une de nos conversations et où il avait appelé mon attention de premier ministre sur le caractère très particulier des Hongrois, qui sont d’une nature « déclarative » : ils sont très attentifs lorsque quelque chose doit être annoncé et déclaré. L’unification de la nation est une déclaration, mais il faut faire attention – disait-il – à ce qu’on n’en conclue pas qu’elle est déjà réalisée. C’est là la différence entre l’unification de la nation et l’édification de la nation. L’édification de la nation ne se réalise pas avec des mots, des déclarations, des engagements : c’est un travail de fourmi, qui a sa logique propre. Et pour répondre à la question de savoir ce qui peut être étendu au-delà de nos frontières, je dois vous demander de comprendre que c’est le calendrier qui est le plus important. Parce que l’on ne peut étendre quoi que ce soit au-delà des frontières que si cette extension bénéficie du soutien politique et économique de la mère-patrie. Si nous nous trompons de rythme, si je perds le sens du rythme, si nous tentons quelque chose dont les préconditions matérielles ou politiques ne sont pas assurées chez nous, nous aurons raté notre objectif. C’est pourquoi je peux vous dire que ni ces conditions politiques, ni ces conditions économiques ne sont remplies aujourd’hui en Hongrie pour nous permettre d’introduire ou de proposer au-delà de nos frontières toutes les mesures de protection de la famille visant à inverser les mauvais indicateurs démographiques de la Hongrie. Nous n’en sommes tout simplement pas encore là. Nous avons fait beaucoup de choses. Nous construisons et rénovons mille écoles maternelles dans le Bassin des Carpates, beaucoup de ce que nous faisons relève du travail de fourmi de l’édification de la nation, mais généraliser le régime hongrois en ce moment produirait un effet inverse. Mais je peux vous affirmer tranquillement qu’en fonction des résultats électoraux le moment viendra où nous en serons capables, et que les préconditions politiques et économiques en seront réunies en Hongrie.

Les investissements hongrois en Transylvanie arrivent lentement, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est qu’ils arriveront. C’est en revanche ce qui se passe dans l’autre sens qui est intéressant. Car pour que ce qui doit se rassembler s’assemble et s’intègre, il faut aussi que des investissements transylvains arrivent en Hongrie. Cela m’intéresse davantage aujourd’hui. Je vois que la route des investissements hongrois en Transylvanie est bien pavée, il se passe des choses, je les vois aussi. Nous avons pris des décisions, j’y ai ma part, mais cela doit fonctionner aussi dans l’autre sens. Les résultats financiers accumulés doivent produire tôt ou tard des investissements en Hongrie, de manière à ce que le tissu économique que nous aurons ainsi construit ne se déchire pas par la suite.

 

En ce qui concerne les liaisons aériennes, je peux vous dire que le vol Marosvásárhely [Targu-Mures]-Budapest opère tous les jours, du moins je l’espère. Nous travaillons aussi à la ligne Kolozsvár [Cluj-Napoca]-Budapest, et nous avons bon espoir que ce vol deviendra quotidien à l’automne.

Pourquoi je n’use pas de mon influence en faveur d’une meilleure collaboration entre les partis de Transylvanie ? László Tőkés a donné la réponse. Je m’y casserais les dents rien que chez lui, mieux vaut donc ne pas se lancer là-dedans. C’est une tâche bien hasardeuse. Mais c’est aussi philosophiquement mieux, comme Monsieur le Pasteur l’a fait : penser autrement. Il est certain que le premier ministre de Hongrie dispose d’un pouvoir – légalement circonscrit certes, mais non négligeable –, et il est certain que l’exercice de ce pouvoir peut avoir des conséquences y compris à l’extérieur des frontières de la Hongrie. C’est vrai aussi. C’est pourquoi il est important que vous compreniez comment j’entends l’exercice de mon pouvoir et de celui du gouvernement que je dirige. A quoi sert le pouvoir ? Qu’est-il ? Pour nous – et d’après moi c’est cohérent à la fois avec l’histoire de l’esprit hongrois, avec l’enseignement de notre roi Saint Etienne et avec les tâches qui nous attendent – le pouvoir n’est autre que la capacité à mener une action commune. Ma mission, celle pour laquelle j’ai reçu des moyens, consiste à convaincre les Hongrois d’accomplir un certain nombre d’actions communes. Mais en temps de paix l’on ne peut pas les y forcer. Par conséquent, s’il est vrai que nous considérons le pouvoir politique comme l’incarnation de l’action commune, et qu’il nous appartient de convaincre les Hongrois de prendre part à des actions communes – dont le but est que nous y trouvions notre avantage, aussi bien individuellement que collectivement –, si tout cela est vrai, je ne peux pas utiliser ce pouvoir depuis le haut, avec une force contraignante, même pas en Hongrie, sans parler de l’étranger. Je dispose de moyens, je dispose de méthodes de persuasion, je dispose d’arguments valables ou dignes d’être pris en compte, mais je n’ai aucun pouvoir direct de contrainte. Que nos braves frères du Pays Sicule et de Transylvanie n’attendent donc pas de moi que personnellement ou au travers de mes envoyés nous mettions dans l’ordre souhaité, depuis Budapest, l’interaction des responsables politiques d’ici. Cela ne se fera pas. C’est vous qui devez l’obtenir à la force de vos poignets. Il y a une chose que vous devez savoir : nous attendons et soutenons la formation d’une volonté commune, et si elle est obtenue, nous serons toujours là pour l’appuyer.

Et c’est valable pour la Vallée de l’Úz1 [1] aussi ! Bien entendu, s’agissant de cimetières militaires, ce sont les services concernés du ministère hongrois compétent qui négocieront avec les Roumains. Mais je ne peux pas ranger ce qui s’est passé dans une catégorie politique, parce que pour moi la profanation des honneurs dus aux morts est une atteinte aux sentiments les plus élémentaires et les plus profonds de l’homme, dont on ne peut tout simplement pas parler en termes politiques, et je ne comprends pas comment il peut venir à l’esprit de qui que ce soit d’essayer d’approcher un problème politique ou lié au passé quel qu’il soit en enfreignant le commandement du respect des honneurs dus aux morts par des actions profanatrices. C’est tout simplement pour nous incompréhensible. La solution ne peut donc pas être politique à mes yeux. Il faut arriver avec les Roumains à une situation où les Hongrois de Transylvanie aillent au bout de cette question avec calme et sang-froid, et c’est sur la base de cette dimension morale, dépassant la politique, qu’il faudra que nous nous rencontrions et trouvions des solutions qui soient acceptables pour les Hongrois de Transylvanie. Ce n’est pas impossible. Et lorsqu’on y sera arrivés, l’on pourra compter sur le soutien plein et entier du gouvernement hongrois à cette solution transylvaine commune, mais ce sont eux qui doivent faire ce travail.

Encore un mot sur la relation roumano-hongroise. Pourquoi n’y a-t-il pas de rencontres au sommet ? Ce que dit Monsieur le Pasteur est aussi un point de vue, mais c’est de moindre influence. Je n’ai rien contre le fait de présenter comme un succès du RMDSZ2 [2] une rencontre fructueuse entre les chefs de gouvernement de la Hongrie et de la Roumanie. Présentez-la comme le succès de qui vous voulez, mais tout ce qui m’intéresse, c’est qu’elle ait lieu. Mais il est justifié de se demander pourquoi de telles rencontres n’ont pas lieu, en dépit du fait qu’au cours de la période récente j’ai personnellement reçu des dirigeants politiques roumains des messages beaucoup plus prometteurs que je n’aurais pu le penser. Je n’ai à évaluer ni à juger personne, mais je dois dire que les arcanes du système juridique roumain sont pour nous, Hongrois, impénétrables. Je ne sais plus qui est condamné ou pas, et pour quoi, ce qui est une infraction et ce qui ne l’est pas. Cela devient très difficile de s’y retrouver depuis l’extérieur, mais ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que le président du parti socialiste au pouvoir, quand il était question d’affaires hongroises difficiles et conflictuelles sur lesquelles il fallait négocier, l’a fait avec moi de manière correcte et a respecté tous ses engagements. De la même manière, je dois dire de l’actuelle première ministre que je travaille avec elle, que je négocie avec elle – il est vrai à Bruxelles et pas dans un cadre bilatéral –, à l’occasion des rencontres V4 et de toutes sortes d’autres forums internationaux, et croyez-moi, elle est une politicienne sérieuse qui, si elle bénéficiait d’un meilleur appui chez elle, pourrait faire bien plus pour le bien de la Roumanie qu’elle n’en est capable aujourd’hui. Et encore ceci : je n’entretiens aucune relation d’amitié particulière avec le président de la République de Roumanie, mais je dois vous dire que si le président roumain ne monte pas au créneau et ne soutient pas avec cohérence la décision du PPE – parce que lui aussi en est membre – pour faire échec à la candidature de Timmermans, et s’il s’était joint à ceux qui ne se sont pas associés à la décision commune du PPE rejetant Timmermans, si donc il n’avait pas tenu bon, nous n’aurions pas pu empêcher que cet affidé de George Soros prenne place aujourd’hui à la présidence de la Commission européenne. Son action a contribué à ce résultat. La nôtre aussi, mais sans la sienne nous n’y serions pas arrivés. Je peux donc vous dire, en considérant la situation roumaine et la situation hungaro-roumaine, que le problème aujourd’hui ne vient pas forcément de la capacité ou des intentions des dirigeants, mais du fait que l’on n’arrive pas à mettre en place une machinerie politique viable capable de préparer, de décider et d’exécuter. A mes yeux, la politique roumaine n’est aujourd’hui tout simplement pas en état de fonctionnement, et la cause n’en est pas l’incapacité des personnes, mais l’incertitude permanente. Les Roumains se préparent en ce moment à un certain nombre d’élections successives, y compris celle du président de la République. C’est la raison pour laquelle je ne pense pas que ce soit le moment d’une rencontre au sommet – outre le fait que Monsieur le Pasteur a raison de dire qu’il est toujours utile de se réunir dans un esprit chrétien et de nous assurer mutuellement de nos bonnes intentions –, mais je ne vois aucune raison d’en organiser une parce que nous ne pourrons pas prendre de décisions, non pas à cause de la Hongrie, mas à cause de l’état de confusion de la situation politique roumaine. Il faut attendre que tout cela se tasse, nous verrons alors qui est qui, qui a quel pouvoir et avec qui on peut convenir de quoi. Et si nous convenons de quelque chose, qui aura le pouvoir de faire appliquer les décisions prises. Tant que nous n’en serons pas là, les rencontres roumano-hongroises seront davantage de type protocolaire, en témoignage de nos bonnes intentions, mais ne conduiront pas à des accords concrets reposant sur des avantages communs destinés à servir l’édification de notre nation et les intérêts de la nation roumaine. Ces rencontres ne sont donc pas possibles aujourd’hui, nous devrons attendre.

Les « traîtres à la patrie » – me demande un participant. Il fait référence à la situation où les députés de la gauche hongroise élus au Parlement européen, après l’avoir ouvertement déclaré, votent de manière provocante contre tout candidat du Fidesz ou du Parti chrétien démocrate proposé par sa formation politique pour occuper quelque poste que ce soit. L’on peut réagir à cela de deux manières. Evoquer la notion de « traître à la patrie » comme quelqu’un ici vient de le faire, mais ce ne serait que surévaluer les intéressés. Je me bornerai pour ma part à dire que c’est un comportement misérablement minable. C’est une politique bien minable d’aller à Bruxelles et au lieu de contribuer au bonheur des Hongrois, de trouver le sien dans le croc-en-jambe fait à un autre Hongrois, ou en lui rendant la vie plus difficile. C’est vraiment minable, et ne mérite pas que l’on s’y attarde.

Ruthénie. Je pense que des événements graves se sont produits en Ruthénie subcarpathique à l’occasion des élections ukrainiennes. L’intimidation physique a fait partie de la campagne électorale. Les hongrois se présentant à la députation au nom de la communauté hongroise de Ruthénie ne s’y sentaient pas physiquement en sécurité. Je trouve cela inadmissible. Si un pays souhaite vraiment se rapprocher de l’OTAN et de l’Union européenne, cela ne peut tout simplement pas être possible. Et tant que ce sera le cas, l’Ukraine ne se rapprochera d’aucun organisme dont nous sommes membres, vous pouvez en être sûrs. Il faut créer les conditions du respect des droits de la minorité hongroise, de sa sécurité physique, de sa juste participation politique. Et la vraie question est celle-ci : pourquoi en est-il ainsi en Ruthénie ? A cette question, l’on peut logiquement donner deux réponses. La première est que c’est parce que le gouvernement ukrainien le veut. Et la seconde, que c’est parce que le gouvernement ukrainien ne sait pas lui-même ce qu’il veut. Et je crains que ce ne soit la seconde qui soit la bonne. Que tout simplement, dans cette campagne préparatoire à un changement de gouvernement qui s’annonçait évident, l’Etat ukrainien a perdu son aptitude à agir. Ou bien s’il a gardé une capacité à agir, elle ne concerne que certaines de ses parties, et pas son tout. Je considère donc que l’organisation efficace de l’Etat ukrainien, la prise des décisions centrales et leur application est de l’intérêt primordial de la communauté hongroise de Ruthénie, ainsi que du point de vue des relations entre la Hongrie et l’Ukraine. Je ne peux donc que souhaiter le meilleur au président nouvellement élu des Ukrainiens, qui dispose maintenant d’une majorité parlementaire claire et aura donc la possibilité d’essayer de restructurer l’Etat ukrainien, de dégager une volonté commune et de faire en sorte qu’elle soit appliquée. Il y a maintenant une chance à cela. Si nous pouvons les y aider, nous le ferons, mais tant que ce ne sera pas le cas, je ne vois pas comment les relations hungaro-ukrainiennes telles qu’elles se sont détériorées pourraient s’améliorer, et je ne vois pas comment nous pourrions soutenir quelque aspiration d’intégration euro-atlantique de l’Ukraine que ce soit. Une rencontre de haut niveau avec eux est d’ailleurs en cours de préparation.

Pourquoi la chaîne de télévision M4 est-elle cryptée ? Eh bien, parce que Zsolt Semjén3 [3] ne règle pas cette question, qui relève de lui. Ce sujet a déjà été évoqué l’année dernière, nous lui avions confié cette mission, et nous revoici ici sans que cela ait été résolu. Je demande donc à Zsolt de nous dire s’il a besoin d’aide pour résoudre cette question.

Et voici enfin la question, qui peut à première vue sembler secondaire, consistant à savoir si nous avons une solution pour remédier au problème de la pénurie de main d’œuvre qui se manifeste en Hongrie ? Je voudrais d’abord appeler à la prudence concernant l’état de la situation. Le niveau de l’emploi dans un pays est en général mesuré par référence au taux d’emploi des personnes âgées de 16 à 65 ans. Ce taux est aujourd’hui en Hongrie de 69,5%. Mais il est de 75% en Tchéquie, et proche de 75% aussi en Allemagne. Egalement 75% aux Etats-Unis. 85% chez les Chinois, mais oublions-le un instant. Donc 75%. Je veux dire par là qu’il n’est pas vrai qu’il ne reste pas de réserves dans l’économie hongroise. Il y a bel et bien un volant de 6 à 8% de personnes en Hongrie en âge de travailler et qui ne travaillent pas. Comment pouvons-nous les mettre au travail – car aujourd’hui ce n’est plus leur intention qui fait défaut, parce qu’avec le travail d’intérêt général nous avons résolu ce problème –, quelle formation faut-il leur donner, comment devons-nous les préparer, voilà un sérieux défi pour le gouvernement. Nous n’avons pas mal figuré dans ce numéro, mais nous pourrions mieux faire. Ce que je voudrais éviter, et ce dont je voudrais aussi convaincre les Hongrois, c’est que certains travaux de second ordre ne soient pas effectués par nous, c’est-à-dire les « natifs », mais par d’autres que nous faisons venir de l’extérieur. Ce qui fait sens, non seulement économiquement mais aussi spirituellement, c’est que le travail à faire dans un pays soit effectué par la population et par les citoyens de ce même pays. Y compris le ramassage des ordures, y compris le balayage des rues. Nous sommes capables de tout résoudre, parce que dans un pays il y a du personnel pour tout, à condition de bien structurer la vie de ce pays. C’est la raison pour laquelle je ne soutiens aucun apport de main d’œuvre étrangère. Plus exactement, une loi ou un décret hongrois fixe la mesure précise de cet apport et jusqu’à quel point l’on peut l’accepter. Nous publions chaque année le nombre d’emplois non pourvus, c’est-à-dire le nombre des emplois qui ne trouvent pas de preneur hongrois. C’est dans cette mesure qu’il est possible, à titre temporaire, c’est-à-dire sans droit de résidence permanente, de postuler, mais seulement jusqu’à ce point, et il ne faut pas permettre que cela devienne un système permanent, qui – comme nous pouvons le voir dans les pays d’Europe occidentale – fait effectuer un certain nombre de travaux non plus par les natifs, mais par une main d’œuvre importée de l’étranger qui aura beau être entrée dans le pays comme travailleur temporaire, y restera à la fin et, au travers de tous les regroupements familiaux et de toutes les transformations culturelles, sera le point de départ d’une situation à laquelle les natifs – lorsqu’ils finiront par le regretter – ne pourront plus rien changer. Je voudrais nous épargner ce sort, et c’est pourquoi tous les travaux en Hongrie devront être effectués par nous les Hongrois, et ce travail devra être correctement rémunéré. Indépendamment de la nature du travail, qu’il s’agisse d’un savant aspirant au Prix Nobel ou d’un balayeur de rue, tout travail doit être reconnu à sa juste valeur, la performance de chacun doit être soutenue selon ses capacités et recevoir le coup de chapeau qu’il mérite. Je pense que cette approche n’est pas étrangère non plus à l’esprit public hongrois.

Je voudrais encore vous rappeler pour finir qu’une année s’est écoulée depuis nos dernières élections législatives. Depuis nos élections législatives, il y a eu les élections au Parlement européen, et le 13 octobre prochain nous aurons nos élections municipales. Puis en 2022 de nouveau des élections législatives. Je voudrais vous inviter à puiser de la force dans ce que nous avons laissé derrière nous. Il est vrai que le pape polonais, lorsqu’il a prononcé sa fameuse phrase, voulait dire par là, au-delà des aspects spirituels, que dans la vie politique il ne faut pas avoir peur de se dresser contre les occupants, et qu’il ne faut pas avoir peur non plus de tenir tête aux communistes. Jean Paul II a dit : « N’ayez pas peur ! » Je suis convaincu que ces mots restent d’actualité. Et puisque notre mission – et pour la nation hongroise ce n’est pas un choix, mais tout bonnement son intérêt élémentaire – est de faire en sorte que le changement qui s’est mis en route dans la formation de l’esprit du temps en Europe continue et poursuive sa progression, et soit couronné de succès, nous devons nous encourager les uns les autres en nous rappelant les dix années de succès et d’élections gagnées qui sont derrière nous, et nous dire : n’ayez pas peur, n’ayons pas peur, embrassons bravement le parti de tout ce que j’ai défini ici sous les mots de liberté chrétienne, et nous continuerons à connaître la victoire toujours et encore, en Hongrie, en Transylvanie, en Roumanie et dans toute l’Union européenne. Mais à condition de ne pas avoir peur !